Les activistes congolais continuent à payer le prix fort de leur engagement citoyen à la veille de la présidentielle de décembre 2018. Alors que plusieurs membres des organisations de la société civile sont en détention en RDC, le régime de Joseph Kabila vient de jeter d’autres en prison sans motifs valides. Il s’agit des militants mouvement pro-démocratie Vigilance citoyenne (Vici). Au nombre de dix-huit (18), ils ont été arrêtés alors qu’ils menaientce 1er novembre 2018 à Kinshasa, une campagne de sensibilisation dans le cadre du l’initiative « Congolais ne vend pas ta conscience à cause de l'argent ». Les voix s’élèvent pour dénoncer cette détention arbitraire.

Maintenir les populations dans une pauvreté ambiante afin de pouvoir les « acheter » avec quelques billets de banque lors des joutes électorales, est l’une des vieilles recettes qu’utilisent les dictatures pour se maintenir au pouvoir. La République démocratique du Congo ne déroge pas à la règle. C’est à la veille des élections que les dirigeants se soucient du bas peuple. Pour sortir la population de cette ignorance, certains jeunes Congolais réunis au sein de Vigilance citoyenne (Vici) ont pris sur eux de sensibiliser et de conscientiser les populations sur l’achat des consciences en période électorale. « Congolais ne vend pas ta conscience à cause de l'argent », tel est la quintessence du message que délivraient ces vaillants combattants de la liberté. Mais, c’est compter sans le régime de Joseph Kabila qui n’a trouvé d’autres moyens que d’arrêter ces 18 jeunes qui ne faisaient rien de subversif. Arrêtés ce 1ernovembre 2018, ils ont été ont été déférés vendredi devant un parquet en République démocratique du Congo. Cette information a été confirmée par un camarade de lutte des activistes arrêtés. « Nos dix-huit camarades ont été interpellés jeudi alors qu'ils participaient à une campagne de conscientisation et de sensibilisation de la population sur le processus électoral dans un quartier de Kinshasa », a expliqué à l'AFP Mephy Pongo, militant du mouvement Vigilance citoyenne (Vici).https://t.co/u5Qba6OPD6 pic.twitter.com/Clj9rrlhen

Parmi les arrêtés on retrouve les militantscomme: BanzeMutelwa, Peter Bakajika, Cecilia Meta, HerveMulong, Billy Kayembe, Adonis Mvamba, Jean-Luc Lukwa, Rose Kabala, Nestor Dongo, Michel Olivier, MakonzoSamuel, Bernard, Marvin Mbuyi.

Comme pour les activistes du mouvement Congolais Debout, récemment arrêtés à la suite d’une séance de sensibilisation, ceux du Vici sont aussi accusés de trouble à l'ordre public et désobéissance civile. Ils ont subi un interrogatoire à charge sans assistance d'un avocat dans un commissariat de police avant d'être transférés aujourd'hui au parquet de grande instance de Kalamu. Une violation manifeste de leur droit qui doit interpeller. Au niveau du mouvement, on ne décolère pas. Les autres activistes exigent la libération sans condition de leurs camarades. #VUCI_RDC. Nombre de membres arrêtés: 16. Exigeons leur libération immédiate et sans condition aucune. @senghajustice @ida_sawyer @soniarolley@MerphyPongo2 @Josephbayoko1 pic.twitter.com/cjC3d8gklY

— VICI-RDC (@RdcVici) 1 November 2018

« L'engagement contre la corruption est une valeur citoyenne et un devoir patriotique. Nos camarades n'ont commis aucun crime sinon appeler le peuple à refuser toute forme de corruption », lit-on sur le compte twitter de Vici.

D’autres organisations et non des moindres, dénoncent cette arrestation arbitraire. C’est le cas du mouvement Africans Rising. « …Ils ont été arrêtés dans un centre commercialde la place juste en menant une campagne d’éducation des électeurs, demandant aux citoyens de refuser de vendre leurs votes pour de l’argent. L’élection présidentielle est prévue en décembre 2018 et le gouvernement de la République démocratique du Congo tente d’affaiblir la société civile avant cette échéance électorale. Nous exigeons la libération immédiate des 18 activistes dont la campagne contre la corruption est non violente et démocratique. Ils ont le droit de s’organiser en tant que citoyens et de sensibiliser le public sur les abus électoraux. Afrincans Rising est solidaire avec les camarades détenus et appelle au soutien de tous ses membres pour exiger et obtenir leur libération », déclare le mouvement Africans Rising sur sa page Facebook. Plusieurs responsables du mouvement s’activent sur plusieurs fronts pour obtenir leur libération.

Ces arrestations arbitraires prouvent une fois de plus la volonté du pouvoir de Joseph Kabila d’étouffer les libertés individuelles en RDC. En quoi une campagne de sensibilisation constitue un trouble à l'ordre public et une désobéissance civile ?

ShalomAmetokpo

 

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