La jeunesse malienne et africaine en général, se désintéresse de plus en plus de la politique, laissant leur destin entre les mains de vieux dinosaures qui passent leur temps à se servir. Leur seul souci reste la conservation à tout prix du pouvoir politique. En face de ces dictateurs, on retrouve une classe politique, elle aussi en manque de repère. La jeunesse est ainsi prise entre deux feux. Gagnée par la résignation, elle se lance souvent dans des aventures périlleuses au prix de leur vie. Pourtant, l’Afrique reste le continent de l’avenir. Le continent noir est majoritairement peuplé de jeunes, qui constituent une force considérable pour impacter des changements. Mais pour y parvenir, il faut une prise de conscience généralisée. C’est sans doute ce qu’une frange de la jeunesse malienne a comprise en insufflant une nouvelle dynamique pour fédérer les forces et se placer comme un contre-pouvoir idéal à cette vielle classe politique. C’est dans ce sens qu’elle initie le Front pour l’Unité du Mali et de l’Afrique « FUMA ». Ce mouvement citoyen sera mis sur les fonts baptismaux 22 septembre 2018 à Ségou.

L’histoire politique du Mali est presque identique à celle des autres Etats d’Afrique noire. Le 19 Novembre 1968, un coup d’Etat a mis fin au Mali à la première République et par là même occasion bascule le pays dans une véritable instabilité politique, économique et socioculturelle. Plus de 23 années de dictature ont précipité l’économie de ce pays dans l’abîme. Le vent de l’Est avec son lot de soulèvement populaire dans les années 1990 n’aura pas fait bouger les lignes. Hélas, 27 ans plus tard, les acteurs de la démocratie ont liquidé le pays. Les dernières sociétés nationales ont été privatisées. A ce jour rien n’appartient aux Maliens et au Mali. L’eau, l’électricité, les télécommunications, les hydrocarbures. Les secteurs clés du pays sont tous à terre : Un système éducatif en déphasage avec les besoins du marché, des programmes scolaires incompatibles avec les réalités socioculturelles de notre peuple ; une agriculture en retard ; une Sécurité sous-traitée ; une justice paralysée par la corruption et les politiques ; une Administration lente, minée de corruption et de népotisme ; un système de gouvernance qui favorise l’autocratie et implique très peu le citoyen. La troisième République a tellement échoué qu’aujourd’hui l’existence même du Mali est menacée.

C’est fort de ces constats que des jeunes Maliens, soucieux de l’avenir de leur nation ont voulu prendre une part active pour l’instauration de la démocratie dans ce pays. Ils veulent se démarquer de tous les courants politiques actuels. Le Front pour l’Unité du Mali et de l’Afrique (FUMA) se veut un creuset de la jeunesse pour la cause de l’unité du Mali et de l’Afrique. Il s’oppose à toute tentative de division sous quelque forme que ce soit du pays.

Le mouvement se présente comme étant du courant politique suivant : Panafricain et socialiste africain. « Pour le moment, notre Organisation à l’étape embryonnaire. Alors pourquoi une telle initiative ? aujourd’hui, il est clair pour chaque africain que l’Afrique ne peut s’en sortir dans la situation actuelle. Il est donc impératif que les Africains s’unissent pour mettre en place une force commune pour y parvenir. Mais, au-delà de cet idéal africain, au Mali depuis quelques années, nous sommes confrontés à une crise multidimensionnelle. Nous avons fini par réaliser que l’impérialisme à travers la France veut à tout prix diviser notre pays. Pour quelqu’un qui fait la promotion de l’unité de l’Afrique, lorsque son pays même est en phase d’être disloqué, il est de son devoir de se battre pour militer la dislocation et œuvrer pour l’unité de l’Afrique », a expliqué Ibrahim Boiny Adiawiakoye, initiateur du front. « Nous sommes des socio panafricains-démocrates. C’est un courant politique que nous proposons. Toutes nos actions vont se mener dans le respect des lois justes, et non injustes. Il s’agira de la sensibilisation, la conscientisation, de l’éveil des consciences, du changement de mentalité ; etc. Nous allons travailler pour la construction du citoyen model africain. Des citoyens conscients de leurs droits et qui s’acquittent de leurs devoirs », a-t-il ajouté.

Actuellement, la commission des textes est en plein travail pour les propositions lors du congrès. Mais deux préoccupations priment. Tout d’abord protéger, sauvegarder l’unité politique, économique, culturelle et sociale du Mali et enfin « jouer le rôle pour lequel le Mali existe. Uniquement pour une seule chose, promouvoir et faire de l’unité africaine, une réalité », comme le souligne les initiateurs.

Si un tel initiative a germé, c’est bien évidemment à partir du constat que la jeunesse malienne et africaine ne s’engage plus politiquement. Rare sont les activistes qui osent. Mais, tout cela a une cause. « C’est très simple. Ces partis politiques ne proposent rien de bon. Et les élections ont démontré que les politiciens n’incarnent pas les idéologies qu’ils prétendent défendre. Pourquoi croire en quelqu’un qui te dit de faire une chose, alors que lui-même en est incapable ? le FUMA dont le manifeste sera bientôt disponible est très clair. C’est pour l’ensemble des Maliens et surtout cette jeunesse. Elle a besoin d’information, de connaissance, si elle a les deux, on peut aboutir. Si la jeunesse malienne prend conscience qu’elle constitue la majorité des citoyens et que sa situation actuelle n’est pas fortuite mais due à la faute de quelques individus, qui se partagent les richesses du pays, elle va se lever et revendiquer ce qui lui revient de droit », explique, Ibrahim Boiny Adiawiakoye

A la question de savoir pourquoi une visée panafricaine du mouvement, les initiateurs laissent entendre qu’aucun pays africain ne peut à lui seul sortir de la situation actuelle. « Si nous en sommes là aujourd’hui, c’est parce que nous ne sommes pas parvenus à fédérer nos énergies sur plusieurs questions. Aujourd’hui l’unité n’est pas une option mais un devoir, si nous voulons continuer à exister en tant que peuple dans ce monde. Sur tous les plans, il est indispensable qu’on se mette ensemble pour qu’on suivi pour relever les défis »

« Cette jeunesse africaine doit comprendre que toutes les grandes révolutions, tous les grands changements dans le monde ont été opérés par les jeunes de moins de 35 ans. Elle peut tout changer. Il est impératif de changer les choses. Nous vivons dans des dictatures façonnées en démocratie, dans des nations extrêmement riches mais alors que les richesses sont mal redistribuées. Les systèmes éducatifs sont en inadéquation avec les besoins du marché. Nous vivons dans des pays, où tout est fait pour rendre encore plus pauvre le pauvre et enrichir encore plus le riche. C’est pourquoi cette jeunesse doit se mettre au travail pour son indépendance économique, et ensuite se battre pour un changement réel. On doit dégager ces vieux pourris et mettre à leur place des hommes de valeurs qui peuvent par leurs actions, apporter un soulagement aux populations. Cinq cents (500) ans de colonisation c’est trop ! Cinquante (50) ans de colonisation  par des colons internes, c’est assez ! Aujourd’hui il faut que la jeunesse africaine comprenne qu’elle peut changer les choses et qu’elle a l’obligation de les changer », lance Ibrahim Boiny Adiawiakoye à l’endroit des jeunes africains.

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Shalom Ametokpo

 

 

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