• Présentation de Temedt

 L’Association pour la Consolidation de la Paix, le Développement, la promotion et la Protection des Droits Humains(Temedt) est créée en 2006 par récépissé N° 562 du 21 septembre 2006 du Gouvernorat du District de Bamako, conformément à la Loi N° 04 – 038 d’Août 2004, régissant les Associations en République du Mali.

Sa création est une réponse aux recommandations du Forum d’Essakane, tenu du 10 au 12 Août 2006 à Ménaka dans la Région de Gao. Ces recommandations soulignaient avec force et conviction la pertinence et l’urgence d’initiation d’une action citoyenne visant la suppression de certaines pratiques et tares héritées de notre passé quoique glorieux qui constituent un handicap à notre jeune démocratie, en particulier la persistance de l’esclavage par ascendance.  Temedt une organisation de masse est dirigée par un Bureau de Coordination Nationale et dispose d’une couverture nationale avec des représentations (coordinations et comités) dans toutes les régions du Pays et cela conformément au découpage administratif (national, régions, cercles, communes, villages et fractions).

Temedt est une association dont la démarche est d’informer, former et sensibiliser sur toutes les questions relatives à la Paix, au développement, à la promotion et la protection des droits humains.

L’association est apolitique, laïque et mixte. Elle est ouverte à toute personne acceptant ses statuts et règlement intérieur. La mission de Temedt est essentiellement :

-Favoriser le Progrès social en contribuant à un véritable ancrage de la démocratie. Cela passe l’éradication de certaines pratiques anachroniques  héritages des traditions anciennes qui nuisent à l’épanouissement de biens d’hommes et de femmes dont l’apport est minoré par ce statut têtu d’esclaves ou d’anciens esclaves qui exclue ou marginalise quel  que soient les compétences ou apport à la société ; un gaspillage de ressources humaines en fait.

Il est important d’aider la société malienne à se départir de ses complexes au profit de la création d’espaces d’expression et de liberté qui favorisent l’épanouissement de la personne humaine, première ressource à ne jamais gaspiller

C’est le lieu de reconnaître qu’il s’agit là d’une lutte de longue haleine qui, ne peut être menée de façon brutale, mais plutôt, de manière inclusive, souple et dissuasive, basée sur le droit positif suivant une approche et pédagogie positives en vue de changement de comportement et de mentalité à tous les niveaux.

L’Association Temedt de sa création à maintenant a eu pour Partenaires :

  • Le gouvernement du Mali et les institutions républicaines ;
  • Antislavery International
  • La Fondation Ashoka
  • International Senior Project
  • Les organisations œuvrant dans les mêmes domaines que Temedt comme Timidria du Niger, SOS esclaves de Mauritanie, GARI du Mali ; Amnesty International, la LJDH du Mali
  • La Fondation Rosa Luxembourg
  • MZC
  • L’OIM
  • ABA ROLI

 

  • L’état des lieux de l’esclavage 
  • Les différentes formes d’esclavage :

L’esclavage a connu des mutations dans un monde en perpétuel changement. Les esclaves constituent :

  • Une propriété précise reconnue par la société et qui se reconnait elle-même comme telle et sont sous la domination de la famille, de la fraction et tribu
  • sont nés esclaves, chargés de l’élevage, des travaux champêtres et des travaux domestiques
  • Sont hérités et ne disposent d’aucun bien même leur progéniture
  • Acquit par force, achat, prêt, un don
  • Travaille pour un autre sans bénéficier d’un salaire
  • Est soumis à la violence des autres sans qu’une loi ne le protège,
  • N’a pas de statut social, donc pas d’opinion,
  • N’a pas de liberté de mouvement car dépend de la permission d’un autre
  • Ne peut se marier qu’à une personne de même statut avec l’aval de leur maitre comme géniteur
  • Ne devient pas guide spirituel/imam et autre

Les esclaves ne sont plus achetés ou revendus mais continuent de subir les pires formes d’exploitation et d’humiliation. Tous les attributs du droit de propriété s’exercent sur les esclaves. Les esclaves actuels au Mali vivent au moins trois situations différentes :

  • L’esclavage traditionnel : Ils naissent d’une mère esclave et sont

Automatiquement éduqués, dressés dans ce sens par les maitres. Ils s’occupent depuis le jeune âge des travaux d’élevage, d’agriculture, de servage. Les jeunes filles esclaves peuvent être affectées au service d’une dame maitresse de la maison. Elles peuvent également accompagner la jeune mariée pour être à son service. Elles sont victimes d’abus sexuels à bas âge et cela par différents membres de la famille. Elles sont généralement données en mariage à un esclave pour assurer la reproduction d’esclaves. Le mariage à un esclave (mariage qui ne respecte d’ailleurs aucune règle acceptée) ne met pas un terme aux abus des maitres.

Dans l’esclavage traditionnel ou esclavage par ascendance qui se transmet par la mère, les femmes sont les victimes les plus cruellement touchées. Elles sont sans défense car ayant grandi seule dans un environnement méprisant et broyeur de dignité. Elles ne peuvent fuir car ne savent ou aller et la société est impitoyable et impardonnable avec une femme isolée en fuite notamment dans les agglomérations urbaines.

Les femmes vivent une sexualité forcée, portent des grossesses suite à des viols et accouchent sans assistance. Les maternités ne mettent pas fin aux souffrances quotidiennes, psychologiques et sociales et aux manques de tout. Elles s’occupent d’abord du bétail des maitres avant le bébé qui pourra d’ailleurs être donné à une autre femme ou confié à une autre esclave âgée.

Les esclaves hommes bénéficient de certaines circonstances qui font qu’ils rentrent en contact avec le monde extérieur. Ils commencent à mettre en doute le système. Ils souffrent et sont capables de verbaliser les brimades et les injustices subies. Ils supportent mal les violences et les humiliations subies par eux-mêmes ainsi que leurs sœurs et mères. Ils arrivent alors à fuir le guêpier et s’exilent dans d’autres pays (Niger, Lybie, Cote d’Ivoire, Ghana etc.). Ils restent souvent aussi dans une ville malienne et changent d’identité. Ils souffrent bien sûr en silence le reste de leur existence. Le réconfort c’est que leurs enfants ne connaitront pas la vie d’esclave.

  • L’esclavage passif : Les esclaves ne vivent pas sous le contrôle direct et quotidien des maitres.

Certains ne partagent pas le même espace géographique pour des raisons de pâturages, de changements sociaux ayant perturbé les relations sociales (sècheresses, rebellions, conflits). D’autres ne peuvent plus être gardés par les maitres car ont décidé d’avoir une certaine autonomie et s’éloigner ainsi des brimades et de l’exploitation directe. Qu’ils soient en milieu nomade ou dans les agglomérations urbaines, ils restent esclaves. Les maitres font chercher périodiquement au sein de ces familles des biens (animaux, récoltes, habits, argents) ou des enfants mineurs pour faire les travaux. La situation s’est empirée depuis l’invasion des régions nord du Mali par le Mouvement National de libération de l’Azaouad (MNLA) qui a créé le chaos et a laissé la place à la raison du plus fort.

Les esclaves menant des activités professionnelles dans les pays de la sous-région ouest africaine reçoivent des visites des maitres ou de leurs envoyés pour percevoir de l’argent et des biens. En cas de décès, si la famille retourne au terroir, l´héritage respectera la tradition : c’est-à-dire que la part du maitre sera prépondérante et primordiale. Si la femme est d’origine esclave dans ce cas les enfants seront à la disposition de son maitre. Il faut cependant signaler que depuis la création de TEMEDT, à cause des plaintes devant la justice et les actions de dénonciation qu’elle a engagées, les maitres observent une retenue envers les enfants ainsi que l’héritage.

  • Le statut d’esclave éternel

Les personnes d’ascendance esclaves ou d’affranchis sont considérées par leurs concitoyens comme « esclaves » quelques soient les changements socio-économiques ou politiques qu’elles entreprendront. Cette étiquette réductrice leur collera toujours à la peau et constituera un poids supplémentaire défavorable dans les compétions politiques ou sociales.

Depuis juin 2018 des citoyens s’élevant contre leur condition « d’esclaves » par ascendance dans les cercles de Kayes (Nioro, Diema, Yélémané et Kita) sud-ouest vers la frontière du Sénégal, la Mauritanie et du Mali sont victimes de multiples exactions. En effet, des compatriotes considérés comme « esclaves » par de soit disant « maîtres » sont chassés (de leurs villages d’origine), humiliés, battus, trainés devant la justice suite à des allégations mensongères. A cela s’ajoute la destruction d’habitation, la privation de l’usage des services sociaux de base promus par l’Etat et la collectivité, le retrait des terres de culture et autres avantages.

Des agressions et des menaces de mort sont proférées contre des défenseurs de droits de l’homme, le cas le plus récent est l’agression à Troungoumbé le 23 septembre 2018 des membres de Temedt pour avoir osé sensibiliser contre le phénomène de l’esclavage.

  • Les mutations actuelles de l’esclavage par ascendance au Mali

Le drame c’est que nous sommes au 21ème siècle et que les sociétés tendent à une plus grande démocratie et à plus de liberté. Dans le cas du Mali, du Niger, de la Mauritanie et certainement du Tchad et du Soudan, l’article 4 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948 qui stipule que « Nul ne sera tenu en esclavage, ni en servitude ; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes » n’est pas encore d’actualité.

  • Le travail pour les maitres le weekend end, lors des cérémonies de mariage, baptêmes, décès.
  • Tout membre de la famille de l’esclave paye une journée de travail
  • le cousinage a plaisanterie
  • les castes
  • les discriminations par rapport aux opportunités

Toutes ces formes sont noyées dans un discours de respect des coutumes par les négationnistes

 

  • La stratégie de Temedt matière de lutte contre l’esclavage

La lutte contre l’esclavage au Mali est conduite par Temedt sans rancune mais aussi sans répit. Son approche d’intervention se base sur le fait que les idées qui poussent au changement soient déjà présentes au sein des sociétés locales ou organisations de la société civile, et qu’il va falloir faire un travail attentif d’analyses et de catalyses pour que des actions concertées soient menées par un ensemble d’acteurs de plus en plus important, cela étant la garantie de succès plus rapide. Temedt utilise comme outils d’action :

  • La recherche : Temedt s’est investi à démontrer que l’esclavage est une réalité au Mali (toute la société malienne) à travers la recherche :
  • Edition de deux tomes : Esclavage au Mali, récits de vie victimes qui témoignent ;
  • Approche d’intervention de Temedt ;
  • Cadre national de lutte contre l’esclavage par ascendance au Mali ;
  • Elaboration d’un projet de loi portant répression de l’esclavage par ascendance

 

  • La formation, l’information et la sensibilisation des populations sur les

Droits humains, c’est le préalable à l’approfondissement de la démocratie : Temedt pense que tout le monde doit avoir l’information sur le caractère illégal des pratiques esclavagistes et analogues. Les victimes et les maîtres doivent être informés des lois de la République statuant sur la pratique de l’esclavage. Temedt ne se substitue pas ni aux services de sécurité ni aux victimes ; ce sont les victimes qui viennent solliciter le soutien de Temedt pour renforcer les certitudes en mettant en confiance les personnes en situation d’esclavage et de servitude afin qu’elles comprennent que des recours existent pour les sortir et des ressorts existent pour les soutenir dans leur nouvelle vie.

Le public en particulier les maitres et les esclaves doit être informé et sensibilisé sur le caractère néfaste de ces pratiques. Il est important de signaler que des victimes de l’esclavage ont été libérées et même parfois indemnisées suite à un dialogue avec leurs maitres (c f : talewat de bambara Maoudé ; les enfants de Timizouac à Ménaka)

 

  • Animation de campagne de plaidoyer: Temedt entreprend de façon

Permanente auprès des décideurs nationaux et internationaux (exécutif, judiciaire, législatif, Chefferies traditionnelles, Collectivités) à travers une coalition des organisations de la société civile Malienne une campagne de plaidoyer pour que des mesures appropriées soient prises en vue de la répression de la pratique de l’esclavage et pratiques assimilées. Temedt interpelle le pouvoir public pour faire un état des lieux officiel de l’esclavage au Mali. Les politiques de développement doivent tenir compte de l’existence de la pratique, ce qui permettra de redonner confiance à un groupe marginalisé durant des siècles. La même campagne de plaidoyer est menée auprès de la population en général en vue de changement de comportement et de pratiques. La presse et les organisations de la société civile sont largement associées, informées et transformées en alliés du Plaidoyer en question.

 

 

 

  • Assistance socio-économique aux victimes :
  • La prise en charge des frais d’avocat pour la défense en cas de procès
  • Le paiement des frais de scolarisation des enfants des victimes libérées
  • L’assistance psychologique des victimes pour une meilleure intégration en tant que personnes libres car elles n’ont pas appris à travailler de manière autonome. Il est crucial de les mettre en sécurité et en confiance pour qu’elles ne soient plus encore marginalisées, ridiculisées et servir d’exemples dans le mauvais sens.
  • Temedt a initié des innovations qui peuvent contribuer à l’amélioration des conditions de vie de ses membres et de la Collectivité telles que la création de l’Association Syndicale des travailleurs de l’Economie Informelle du Mali (ASYNATRIMA), la Fondation-Temedt et l’appui aux mouvements associatifs des Femmes pour leur autonomisation.

 

Events

Leave feedback or a comment