Qui l’eut cru ? Pourtant c’est vrai ! De l’ingratitude ? On ne saurait le dire avec précision pour l’instant. Mais, les actes que prend le Président sénégalais MackySall ces derniers temps envers les associations de la société civile notamment « Y’en a marre » vont dans ce sens. Pourtant, c’est grâce aux actions conjuguées des activistes de ce mouvement de qu’il a pu accéder à la magistrature suprême en 2012. Son gouvernement vient de procéder au retrait de l'agrément de Lead Afrique francophone, cette association qui est l’un des gestionnaires du mouvement citoyen « Y'en a marre ». Toute la société civile sénégalaise est vent debout contre cette décision liberticide et promet se faire entendre.

S’achemine-t-on vers la disparition de « Y’en a marre » ? cette question mérite tout son pesant d’or après le retrait, par le gouvernement sénégalais, de l’agrément de « Lead Afrique francophone », organisation qui finance la plupart des activités de ce mouvement citoyen. Pour le ministère de l’Intérieur du Sénégal, ces financements sont irréguliers. Faux, rétorque la société civile sénégalaise qui proteste contre le retrait de l’agrément de l’association.

C’est à travers un communiqué rendu public samedi que la société civile sénégalais a exprimé cette demande. Tout en faisant part de leurs vives inquiétudes à quelques mois de l’élection présidentielle, les douze signataires de communiqué, dont Amnesty International, estiment que le retrait de l’agrément de « Lead Afrique francophone’ » constitue un acte grave et inacceptable. « Ce vendredi 16 Novembre 2018, l’ONG Lead Afrique Francophone a reçu la notification d’un arrêt du ministre de l’intérieur daté du 5 Novembre 2017, abrogeant l’arrêté autorisant la création de l’association, mettant ainsi fin à l’autorisation accordée à l’association et ordonnant la cessation immédiate de ses activités sur le territoire national », renseigne le communiqué qui mentionne qu’ auparavant, les responsables de l’association avaient été convoqués le Mardi 13 Novembre pour un interrogatoire qui a duré de 15 :00 à 20 :00 au commissariat central, en même temps que trois autres responsables d’ONG (ENDA TM, OXFAM, OSIWA) dans le cadre d’une enquête ouverte sur des présumés financements irréguliers au profit de l’association Y en a marre. « Les organisations de la société civile réunies dans le cadre d’une initiative spontanée dénoncent cet acte du ministre de l’intérieur et réclament un retrait immédiat de l’arrêté. Elles témoignent leur solidarité aux associations Y EN A MARRE et ENDA LEAD AFRIQUE FRANCOPHONE qui font l’objet de persécutions injustes de la part du ministère de l’intérieur », dénonce une dizaine d’organisations de de la société civile comme - Collectif des Organisations de la Société Civile pour les Elections (Cosce) ;- Amnesty International Sénégal - Forum Social Sénégalais ; - RADDHO - Y EN A MARRE - LEGS Africa - Article 19 Sénégal/Afrique de l’Ouest – CICODEV - Cos M23 – des personnes comme Alioune TINE - LEAD Sénégal- Union des Indépendants du Sénégal.

 

Le retrait de cet agrément constitue un acte grave, inacceptable dénonce la société civile. Pour Mamadou Mignane Diouf, coordinateur du Forum social, les méthodes du gouvernement sont d'un autre âge : « On va revenir en arrière pour harceler des mouvements citoyens. Je crois que nous sommes est en train progressivement d’aller vers une démarche qui pourrait être une démarche très conflictuelle et qui pourrait nous amener dans des conflits que nous avions dépassés, explique-t-il. Cela à notre avis est vraiment dommage et le Sénégal ne mérite pas cela. »

Ces organisations dénoncent un recul net de la démocratie au Sénégal. « Au-delà de cet acte grave et inacceptable dans le fonctionnement d’un Etat de droit, il faut constater des tentatives répétées depuis un certain temps de l’autorité publique de réduire l’espace public d’expression des citoyens et des organisations de la société civile par des menaces et actes d’intimidation qui ne peuvent prospérer dans notre démocratie qui consacre les libertés individuelles et collectives et la participation citoyenne dans sa charte fondamentale et dans l’essentiel des textes juridiques organisant la république sénégalaise. Se rappelant la décision du gouvernement sénégalais de dénoncer les accords de siège liant le gouvernement du Senegal à certaines ONG en 2011, nous considérons que les périodes électorales sont des moments de tensions et de mise en œuvre de stratégies d’endiguement des forces sociales qui pourtant ne travaillent que dans le cadre de l’intérêt public à travers des actions destinées au progrès économique et social des citoyens et au renforcement de notre démocratie », rappelle le communiqué.

A quelques mois de l'élection présidentielle, cette décision du gouvernement contre une entité qui n’hésite pas à le critiquer dans ces dérives commencent sérieusement à inquiéter. Seulement les regroupements de la société civile ne comptent pas baisser les bras devant cette situation. Elles prévoient d’ores et déjà des actions d’envergure pour faire entendre raison au pouvoir de MackySall, qui prend de plus en plus un virage de dictature.

ShalomAmetokpo

Senegal

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