Aboli, criminalisé, considéré comme un crime contre « l’humanité » depuis 1980, l’esclavage reste pourtant une réalité en Mauritanie, l’un des derniers pays au monde où ce fléau est encore un phénomène de masse. Cette pratique déshumanisante est courante. Les chiffres sont effroyables. Près d’1% de la population y serait asservie, selon The Global Slavery Index. Parmi ces 43 000 personnes, des esclaves sexuelles, victimes de mariages précoces ; des esclaves urbains, domestiques maltraités et non payés ou ouvriers dans le secteur de la construction ; en zones rurales, des familles entières réduites au travail forcé pour cultiver les terres de leurs maîtres. Seulement, les autorités affichent une passivité vis-à-vis de ce phénomène. Les mouvements qui se battent pour lutter contre ces genres de pratique sont étouffés. Les activistes traqués et jetés en prison. C’est le cas de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) qui se bat sur le terrain depuis plusieurs années. Pour exiger la libération de ses militants et d’autres prisonniers d’opinion, l’IRA a appelé à une manifestation pacifique ce 29 octobre 2018 dans les rues de Nouakchott. Mais, c’est compté sans la soldatesque du pouvoir en place qui a exercé une violence d’une rare brutalité sur les manifestants, faisant plusieurs blessés. Le mouvement dénonce la recrudescence des exactions policière notamment lors des manifestations publiques depuis la nomination de OuldMeguett, troisième personnalité du système, a la tête de la police et des renseignements.

 

Ce 29 octobre 2018, les agents de force de l’ordre mauritanienne ont procédé à une violente répression de la marche pacifique organisée, en fin de matinée à Nouakchott, par les militants du mouvement abolitionniste IRA qui réclamaient la libération sans conditions des activistes AbdallahiHousseinMessoud et BiramDahAbeid, respectivement militant d'IRA et président de cette ONG, mais aussi député de la République élu en détention depuis le 1er septembre dernier.

La marche entendait naturellement attirer l'attention de l'opinion publique nationale et internationale sur la situation des droits de l’homme en Mauritanie

Alors que les militants défilaient pacifiquement sur l’avenue principale de la capitale mauritanienne Nouakchott, en direction du ministère de la justice, les unités des corps sécuritaires quadrillaient les rues et procédaient à des exactions de tout genre, dans les rangs des activistes du mouvement abolitionniste. Elles ont passé à tabac de manière violente, refaisant le portrait à plusieurs manifestants: « Armée de matraques et de gourdins, la police a utilisé une indicible violence contre les manifestants pacifiques », s’insurge le mouvement abolitionniste. Plusieurs (une dizaine) blessés sont enrégistrés.

« Aujourd’hui plusieurs militants ont été grièvement blessés, battus sauvagement par des policiers armés jusqu'aux dents et ayant pour ordre de casser les militants pacifiques. Des blessés graves, victimes de tabassage violent à coups de matraques, de godasses sur toutes les parties du corps. Les militants blessés et d'autres ayant perdus connaissances à cause de la violence, des charges et attaques de la police, sont transportés aux services des urgences de l'hôpital de Nouakchott, ou la police les a suivis pour intimider les infirmiers et médecins chargés de leurs apporter des soins de leurs délivrer des certificats médicaux certifiant la gravité et la cause des blessures. C'est pourquoi les services de l'hôpital s'abstiennent de délivrer les résultats des diagnostics médicaux sauf délivrance par la police d'une réquisition signée par un officier de police. Et bien-sûr que la police a catégoriquement refusé de délivrer le précieux papier », déplore l’IRA dans un communiqué rendu public.

Lors de cette répression aveugle, la police a procédé à l’arrestation de deux militants qui sont, entre autres, ZoubeirMbarack et SeyidInala.

Le mouvement pointe du doigt les nouveaux sécurocrates du pouvoir Mohamed ould Abdelaziz, qu’il dénonce avec véhémence.

« La police mauritanienne, transformée en milice privée par le clan du dictateur Mohamed ould Abdelaziz, et recyclée dans les pires formes de torture contre les contestataires ou présumés tels issus des groupes subsahariens, sous la houlette d'un présumé notoire tortionnaire récidiviste, le général de Brigade Mohamed ouldMeguett, cité de manière récurrente et concordante dans les témoignages des militaires noirs rescapés du camp des tueries a Inal. Notons que depuis la nomination de ouldMeguett, troisième personnalité du système, a la tête de la police et des renseignements, la torture et la violence indicible, en public, dans les rues, en privé entre quatre murs dans les commissariats sont devenues monnaie courante.  Aujourd'hui, la marche pacifique d'IRA a été réprimée avec une violence qui porte la marque, une fois de plus, et la consigne du général Mohamed ouldMeguett, qui aurait déclaré en 2014 juste après sa prise de fonction, que la seule solution efficace et déterminante pour éradiquer la contestation d'IRA, c'est de procéder purement et simplement à l'élimination physique de son leader BiramDahAbeid», peste le mouvement dans son communqué.

La situation devient de plus en plus préoccupante en Mauritanie.  Le pouvoir ne cesse de durcir la répression à l’encontre des militants abolitionnistes. Plusieurs manifestations précédemment organisées ont subi le même sort. Il est aussi incompréhensible que l’esclavage soit encore une réalité dans ce pays en ce 21èmesiècle. Il y a même l’esclavage par la naissance. Ce sont des personnes qui sont appelés esclaves « soudan », ce sont les Noirs. Ici, le mot Noir est synonyme d’esclave. Les arabes et les berbères sont devenus une seule communauté, une communauté arabisée. Ils ont fondé une société basée sur l’esclavage. Simplement indigne et révoltant !

ShalomAmetokpo

 

 

Mauritanie

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