Le 31 juillet 2018, la Conférence des Chefs d’Etat de la CEDEAO a édicté une feuille de route pour la sortie de crise au Togo. Parmi les recommandations, on trouve l’organisation des élections législatives à la date du 20 décembre 2018. Seulement, ces élections devraient être l’aboutissement d’un processus qui devrait aller de la mise en œuvre des mesures d'apaisement, qui passe par la libération des prisonniers politiques, des réformes constitutionnelles et institutionnelles pour clarifier le jeu électoral, puis des élections pour mesurer le poids réel de chacun des partis politiques animant la vie du pays. Mais, le pouvoir de Faure Gnassingbé s’est engagé de manière unilatérale dans l’organisation de ces élections, ignorant les autres prescriptions. Cette situation a amené la Coalition de l’opposition et d’autres forces démocratiques, les Eglises et autres corps organisés à appeler à l’arrêt de ce processus électoral qui va indéniablement déboucher sur des violences.  C’est d’ailleurs ce qui se passe actuellement au Togo avec la répression quotidienne des manifestations pacifiques de l’opposition ayant occasionné plusieurs morts dont un garçon de 11 ans.

Cette répression effroyable se produit sous les regards complaisant des Chefs d’Etat de la CEDEAO. Or, c’est indéniable que tout ce qui se produit aujourd’hui au Togo est aussi de la responsabilité de la CEDEAO. A preuve, les autorités togolaises, avancent le fait que c’est cette instance communautaire qui a fixé la date du 20 décembre 2018 pour l’organisation des élections législatives et qu’elles sont tenues de respecter ce délai. Cependant, on constate avec regret que tous les préalables pour l’organisation d’une élection libre, démocratique, et apaisé ne sont pas mise en œuvre. Les propositions de réformes faites par le Prof Alioune Badara Fall, un expert en droit constitutionnel, recruté et payé par la CEDEAO a été jeté à la poubelle par le pouvoir de Faure Gnassingbé. Même un communiqué de la commission de la CEDEAO rappelant que « seule cette proposition fait foi » n’a pas ébranlé le pouvoir en place, qui est allé de violation en violation de la feuille de route. Sa seule fixation reste la date du 20 décembre 2018 pour la tenue de élections.

Le silence « assourdissant » des Chefs d’Etat de la CEDEAO interpelle plus d’un. Les Togolais sont dans la confusion et évoque d’ailleurs de complicité active entre les Chefs d’Etat qui se soutiennent dans le mal, au détriment des intérêts des populations. On se demande pourquoi ce mutisme face à la barbarie dont sont victimes les Togolais qui ne demandent que la mise en œuvre efficiente de la feuille de route de la CEDEAO. Ce qui est clair, le pouvoir de Lomé tue au nom du respect « supposé » de cette même feuille de route. Ne pouvant plus rester indifférente face à cette situation, une pétition en ligne a été lancée à l’initiative d’Africans Rising pour interpeller la CEDEAO. L’objectif principal est qu’elle réagisse très rapidement pour donner sa position par rapport au drame qui se produit actuellement au Togo.

Togo Crisis

Africans Rising demande, également à travers cette pétition qui a recueillis plus de 3000 signatures en quelques heures, la levée immédiate de l'interdiction des manifestations. Cette pétition vise également à demander au gouvernement du Togo de s'abstenir de recourir à la violence contre des manifestants pacifiques. Néanmoins, Africans Rising appelle les instances régionales et internationales à enquêter sur l'assassinat et la brutalisation de manifestants au Togo, et à tenir les auteurs pour responsables de ces crimes qui alimentent la violence et l'instabilité. Le gouvernement du Togo doit respecter et protéger le droit de son citoyen de manifester librement et écouter les appels des forces démocratiques à reporter les élections afin d'éviter une nouvelle détérioration du climat. Africans Rising appelle la CEDEAO à adopter une résolution reportant les élections législatives prévues pour le 20 décembre afin d'éviter le chaos au Togo. La CEDEAO doit exercer les pressions nécessaires sur le gouvernement togolais et condamner clairement la répression aveugle des manifestations violant de manière flagrante et flagrante le protocole de démocratie et de bonne gouvernance de la CEDEAO.

Rappelons aussi que c’est cette position ambiguë et complaisante de la CEDEAO qui a permis au régime de Faure Gnassingbé d’assassiner plus de 1000 personnes en 2005 dans sa prise de pouvoir. C’est pour éviter cette nouvelle spirale de violence que les gens interpellent cette instance pour qu’elle ne répète plus les mêmes erreurs.

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